Dans ta tête : Galerie de Portraits par Yasmine T. Miller


Prototype by une tête qui tente
24 novembre, 2008, 12:04
Filed under: foule, Monde | Mots-clés: , , , , ,

Cette soirée imprévue m’amène à St Placide où je crois pouvoir rejoindre mes comparses selon les codes et repères du règne animal de notre ville. Je crois voir des bourgeois fous dans un appartement Haussmanien, irrespectueux, drogués dans les recoins, alccols au grand jour. Chics filles escortées par de très sérieux mauvais avortons. Musique forte et ambiance décadente.

Pensée claire, j’ai fais un retour vers le futur dans mon épique collège où ces bourgeois là ne s’assumaient pas et se déguisaient en caillera. La plupart d’entre eux, émancipation encourue, se sont révélés de charmants jeunes lions, connards dans la jungle.

Ce soir là c’était les caillera qui étaient devenues bourgeoises, ou serait ce juste le même phénomène? Ou encore tout simplement la rencontre d’une mixité sociale dans un bel appart du 6ème.

En bas on attends impatiemment notre belle clef d’entrée. On croise 2 types qui essaient également de pénétrer. Ils ont l’air tout droit sortis du dessin animé « Les Lascars ». Le grand, joues creuses, crâne rasé, bras ballants, haut du dos courbé. Les lunettes de vue rectangulaire et brunies renforcent le gris de son visage. L’autre acolyte large et trapu au gel dans la crinière et paré d’un bouc taillé. La peur et l’humour méprisant envahit ma meute.

L’entrée dévoile un long couloir enjolivé par des enluminures plâtrées. Tout le long peint en bleu schtroumpf. L’endroit a l’air d’avoir vécu. Des livres se cachent près des toilettes. Une salle sublime où sont entassés des tas d’objets relégués ici pour être protégés sert de dépôt et de vestiaire. L’anxiété et la crainte de l’inconnu nous pousse à conserver nos biens.

La chaleur de l’accueil ridiculise nos craintes. Tout est meilleur que ce que l’on imaginait tout en restant banal.Que redoutions nous? De faire face à notre débile idée que rien ne pouvait être meilleur que ce que l’on connaissait?

La simplicité c’est l’animosité.

Serais-ce pour ça qu’on complique?

Ma nature humaine m’emmerde.

Publicités


No depression ! by une tête qui tente

La foule n’est pas jeune mais passionnée et impatiente. Moins d’une décennie qu’ils n’avaient pas diffusé du visuel et du sonore en instantané directement abordable pour un français moyen en mal de bruit souriant.

Un trio indomptablement musical et spontané. La sensation folle qu’ils nous ont invité chez eux et qu’on peut leur demander ce qu’on veut, indéfiniment sans arrêt. Aucune attitude maniériste, tout semble naturellement produit uniquement pour le plaisir. Les oreilles frétillent et sifflent par moment mais le corps entier vibre malnutrit par le paysage musical actuel et il se nourrit de ce qu’on lui présente une heure et demi durant.

Cette foule de partisans fanatiques trouve son terrain d’entente.

Consensus musical réunissant une fille élancée portant du gros-grain, un américain mythomane, d’autres musiciens talentueux, des photographes, des employés d’Europe Assistance, des couples. Ce paysage socialement varié reste globalement blanc.

Cette grande pièce devient le fief du chercheur de musique. Tous figurants d’un spectacle sonore qui déphasera l’oreille de chacun. Ce brimbalement de positions dépersonnalise l’instrument et favorise le musicien, nous faisant tournoyer l’esprit tout en ayant une ligne directrice brillamment improvisée. Armé d’un cache col, d’une paire d’oreilles, d’un corps de résonance et d’un pied battant vous êtes prêt pour le câblage.

On en vient à se demander comment certains peuvent rester sourds à ce plaisir. Cette apathie ambiante des oreilles majoritairement consommatrices cessera-t-elle?

Ce 28 avril nous étions autour de 600 à avoir entendu en même temps ce moment.

Image de : Une tête qui tente

Article de : Une tête qui tente