Dans ta tête : Galerie de Portraits par Yasmine T. Miller


L’écrivain by une tête qui tente

 » N’importe qui peut aligner des mots les uns derrière les autres. La langue, celle de tous les jours, est comme une planche à laver.

Ecrire, c’est autre chose. Cela ressemble à une cadence perpétuelle au bord extrême d’un gouffre. Jusqu’à ce jour, je n’avais encore jamais écrit une ligne. J’ai passé mon temps à frotter des vêtements, des vêtements sales. D’abord, je dois trouver qui je suis, d’où je viens, où je vais, pourquoi je suis ici.

Il faut que je me transforme en orphelin, que je m’apprenne ma propre langue, que j’arrête de prendre des leçons de musique, et ainsi de suite. D’abord, je dois me débarrasser de tout ce bagage que j’ai accumulé… je veux dire : de la littérature. »
Image: flickr.com dessin de Henry Miller par Rabee Raad

Citation : Henry Miller



Le prototype du meilleur by une tête qui tente

Superman était malade ce soir là, mais il m’a quand même invité chez Ronald. Mondialisation ou pas, superman est galant. Malgré son rhume et la quasi omniprésence des mouchoirs, le super héros en question sait rester sympathique à toute épreuve.

Tout à coup je m’interroge : Superman est- il américain? Tous les supers héros sont-ils super? En optant pour le nouveau Mac je me laisse penser à la prostitution des sandwichs et si la personne à l’origine de leurs noms a pensé à tous ces macs qui avaient leur réseau de prostitutions d’estomacs qui gagnaient de l’argent pour les ingurgiter goulument afin de les détruire et qui se laissent aller au cercle vicieux de l’alimentation haute calories.

Mes réflexions s’arrêtèrent là car je fus interrompue par Superman qui part dans un intermède à propos des globules blancs et de l’immunité. Ses narines rouges irritées s’agitèrent quand il parlait et j’eu le sentiment que je pouvais tout lui dire sur tout et je fus fière de ces narines qui ne tenaient pas le coup.

Après le « restau » le « cinéma »: Blues Brothers en cassette VHS. Le rythme s’emparait de son corps et ses narines frissonnaient.

Le mouchoir était devenu indispensable.

Article de : Une tête qui tente

Image: Flickr.com montage de Steven John



L’amante by une tête qui tente
29 mars, 2008, 2:07
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Elle aurait pu faire un super bon mec mais elle était une fille médiocre. Pas construite, guidée par la peur et la bienséance. Bien qu’évitant de fuir tout ça elle le souhaitasse.

Une fois ces constatations établies le courage lui manquait ou l’envie ou toujours cette foutue peur. La pièce débutait à peine sa construction. Le doute tant chéri par les interprètes de Socrate était sa perte.

Elle aurait aimé être un homme mais se complaît dans sa vie de femme.

Mieux:

Elle se complaît dans l’idée qu’elle aurait fait un meilleur homme mais aime passionnément sa vie de femme.

Article de : Une tête qui tente

Image: flickr.com photo de Fresquez



La stagiaire by une tête qui tente

L’agence est une agence comme les autres ou les gens travaillent à entretenir des clichés sociologique confirmés. La fille concernée qui retiendra l’attention dans ce court récit est à la fois un ovni parmi ces gens mais aussi un autre échelon à l’égard des préjugés que couvrent ce milieu.

Rapide description pour commencer. Elle n’est pas grande mais en à l’air. Elle a de longues jambes fines surélevées par des pieds en pointe, un visage entre l’enfant et la femme fatale. Une frange entourée d’un carré plongeant qui parfaire la géométrie de son visage. De légères tâches de rousseur sous les yeux autour du nez. De grands yeux bruns sous de petits sourcils. Et la bouche formant constamment une moue superficielle et pourtant si naturellement présente.

Elle se mets en position de proie parmi les buffles qui ont du mal à ne pas taper du pied. Le menton relevé, l’allure assurée elle entre dans la plaine le pas vif, un léger basculement de la tête de manière à faire virevolter la crinière. Ils sont affamés, mais apeurés.

Est elle le gibier ou le prédateur? Le mystère et l’image qui dégage de cet aura incroyable impressionne.

Cependant dans son dos les autres bêtes félines l’appellent la pomme du nom de son mets préféré. Elle mange des gateaux en cachette par la bouche, se repoudre le nez et en laisse tomber parfois, et ne ressemble en rien aux apparences. Le gibier qui l’apprend fuit de peur de trop de responsabilité. Elle est seule.

Elle craint les autres et elle est victime de réciprocité.

Article de : Une tête qui tente

Video: Travail scolaire: Antonin Waterkeyn Benjamin Sanial



Couple n°3 by une tête qui tente
24 mars, 2008, 4:38
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C’était un grand jeune homme au regard trouble et à la préciosité infinie d’une duchesse autrichienne. Son teint délicat d’éphèbe grec, aux mœurs équivoques, attirait fatalement l’attention admirative ou malsaine de ses frères, vautrés dans un voyeurisme inquisiteur.

Forte de sa jeunesse éclatante, irradiante de fraîcheur, elle l’aperçue un soir d’office. Les psaumes moribonds et creux repris en chœurs, mais sans cœur, par la cohorte de bigots et de bigotes résonnaient inéluctablement faux, sous les voûtes humides aux lourdes poutres apparentes, théâtres en tout temps de noces païennes aux divinités sombres.

Fidèle parmi les fidèles, il semblait étrangement seul et reclus, comme perdu de sa soudaine gloire, sûrement par inhabitude. De ses doux yeux de première communiante, elle trouva cela touchant, ou terriblement pompeux. Ne lui accordant que des soupirs de dédain pour mieux cacher sa curiosité insatiable. Habile machiavel, elle feignit même la découverte banale d’un inconnu lors de leur première confrontation officielle, il en fit tout autant.

Pour cacher son abyssale attirance, signe évident de faiblesse, il crut bon de réciter quelques lieux communs affligeants, parés de cynisme mondain. Tentative futile et maladroite qu’elle perçu immédiatement. Sa longue canne de dandy misanthrope en main, il la poursuivit invariablement, avec l’obstination folle des amoureux éconduits.

Elle lui céda cependant un unique rendez-vous, un après-midi d’hiver, dans un café cossu de Saint-Germain. Délicatement accoudée contre les coussins épais d’une banquette en bois verni, elle l’aperçu arrivant au loin d’un pas pressé. Son regard ténébreux croisa le sien, alors qu’il esquissait un sourire facétieux au coin de sa lèvre, pâle d’angoisse et de froid. Comme emporté par tant de candeur, elle ne pu s’empêcher, elle aussi, de sourire. Dévoilant ainsi ses longues canines blanches de louve féroce.

Alors qu’il lui parlait, avec nostalgie, de son enfance épique, passée à défier le danger dans les forêts hostiles de sa lointaine contrée sauvage, une douce plénitude s’échappa du regard de la demoiselle. Elle les vu s’étreindre amoureusement lors d’un flamboyant crépuscule d’été sur la côte. Perdus dans le paysage inexorablement jauni par la canicule battante, encombré de pinèdes et clairsemé de quelques oliviers millénaires. Sa légère robe virevoltée par le souffle brutal du mistral. Protégée à jamais par les bras tendres de son amant. Comblée d’insouciance. Bercée par le romantisme hardant d’une symphonie de Schumann.

Gentleman téméraire, il insista pour payer l’addition.

Image de : Les amoureux du café de la Garre de  Desson


Article de : A. P



En quelques chiffres by Stobal de Carantilly

4,16 millions, c’est le nombre de personnes à la recherche d’un emploi ou étant en situation de sous-emploi (temps partiel…), soit 15,1% de la population active française. Chiffre que je peux aussi interpréter de la façon suivante :

 

Double du chiffre officiel du gouvernement Sarkozy.


Article de :Stobal de Carantilly

 

 



A Young Old man by une tête qui tente

On ne peut plus dormir tranquille quand on a ouvert les yeux.

Il était grand et mince et recouvert d’un imper. Très columbo et resserré à la taille. Une malette en bandoulière tout en cuir clair frappé en accordéon. Il avait les lunettes accoudées sur sa tête qui se perdaient dans des cheveux massivement noirs coupés de près avec des petits cheveux grisonnants. Son nez était droit tout comme sa posture, il avait les fossettes biens placées dans un visage légèrement bruni. De fins petits creux incrustées sur un visage sans expression signe d’une vie pleine de sourires et de tracas. Peut être même plus de sourires que de tracas. Sous sa manche était cachée une montre d’un goût des plus fins au cadrant doré rond et large et au bracelet en cuir. Sa démarche était lente et assurée . De grands pas la tête haute le nez en l’air, il ne voyait pas en dessous.

Il planait dans les hautes sphères il était un jeune vieux. Il convient de considérer qu’à notre époque à 50 ou 60 ans on est toujours jeune et on peut toujours attirer le regard curieux.

Image: Stefano Pilati, Marc Jacobs, Olivier Theyskens, Narciso Rodriguez, Miuccia Prada, Nicolas Ghesquière, and Alber Elbaz. by Steven Meisel

Article de : Une tête qui tente