Dans ta tête : Galerie de Portraits par Yasmine T. Miller


Finally by une tête qui tente
3 janvier, 2009, 5:30
Filed under: 1

J’ai trouvé un outil plus malléable qui me permets de faire un peu plus ce que je veux:

http://yayainthemoon.blogspot.com/

A bientôt



Grosse faim maladive by une tête qui tente
29 décembre, 2008, 10:18
Filed under: homme | Mots-clés: , , , , , , ,

Je suis sur la route comme dans une photo surexposée avec des lunettes de soleil. Le teint rosé des années 80s me colle à la peau et me monte sur les joues. Je sens la chaleur lourde de la respiration de cinq gaillards enfermés dans le même van depuis 5 semaines. On commence à se connaître bien et les mêmes vannes reviennent régulièrement.

Je ne peux plus supporter la proximité, les rires gras lors d’un bruit provenant du fond du van lorsque l’un de nous urine et les paris à savoir le sexe de la personne au volant en face de nous.

Leur moment préféré c’est celui où ils apportent des beignets, des donuts et surtout d’en laisser un errer sur la table et de fuir en me laissant en tête à tête avec lui. Cet instant est pour moi d’autant plus douloureux qu’ils ne s’aperçoivent pas de ce combat.

A ce moment là j’ouvre la portière jaune côté passager, je m’installe. Face au pare brise sied ledit donut. La chaleur glisse sur mes tempes, mon large visage ne retient plus mes lunettes qui glissent sur mon nez. Un long silence me laisse sentir le vent qui entre par à-coup. Il pénètre dans mes larges narines et entraine avec lui l’odeur déroutante de souvenirs enfantins pleins de sucre.

A ce moment la radio grésillait puis entama un rythme entraînant. Ma cuisse dodue tapota la boîte à gants légèrement pour se distraire et alors qu’une voix anglaise avec le doux accent du sud américain se superposa au grésillement avec une mélodie agréable, mon esprit était ailleurs.

Mon esprit croquait le beignet à pleines dents, mes lèvres rondelettes caressaient sa douceur. Toute la masse de mon corps ressentait le goût sucré et la crème flottait autour de mes lèvres. C’était tout d’un coup mes 90 kg pour mon mètre 58 qui se sentait sur un nuage.

Quelques minutes plus tard mon obésité diabétique ne résista pas au donut et m’envoya vraiment sur ce nuage.

Je n’avais pas simplement rêvé ma dégustation.

NB: Je n’arrive malheureusement pas à télécharger mes images sur wordpress et je ne peux donc pas mettre mes dessins sur ce blog. A défaut de pouvoir, je n’illustre pas, en espérant que même toi ô lecteur passager tu t’arrêtes quand même pour lire mes pérégrinations fantasques.



OVNI mécompris by une tête qui tente
18 décembre, 2008, 8:15
Filed under: homme

Il est filiforme et élancé. Les cheveux, d’une pâle blondeur lui donnent un air de Lucien de Rubempré, comme sortie d’une autre époque. Il ne sait pas trop comment se sentir à l’aise. Que faire de ce nez trop long, de ces lèvres trop pulpeuses, comment se mouler?

Il s’ennuie, alors il essaie de s’entourer de gens plus ou moins assommant pour se distraire ou alors pour faire passer le temps.

Le temps, parlons en, s’il pouvait l’accélérer, pour arriver directement au moment où il pourra vivre sa sexualité avec épanouissement. Pour l’instant il observe, il copie, il est malheureux. Ce mal être lui colle tellement au corps qu’il finit par croire qu’il ne peut s’en dépêtre. Il fait parti de lui. Il crée cette illusion d’oiseau blessé perdu que toutes les filles veulent cajoler. Ces filles qui jouent avec lui, profitent de son attirance masculine pour le draguer, l’embrasser, le séduire. Elles testent leur séduction sur lui, comme une sorte de challenge…

Où est l’intégrité? Comment la déceler? Qui choisir?

Ce monde féminin tellement attentionné qui le choie et l’adoucit dans le sens du poil ne lui apporte pourtant pas de quoi remplir le vide.

Et si la source de ce vide n’était pas cet amour réciproque qu’il attendait tant et que c’était juste la peur de l’inconnu? Ce soir là en s’apprêtant pour aller à cette soirée, il décida de laisser les choses se passer, d’avoir l’esprit bohème, même si ce foutu esprit rationnel réapparaîtra certainement demain. Une folle nuit bohème vaudra bien ça!

Il avance avec cette ambivalence comme sur des oeufs…

Mais il avance.



Richardson & Obama by une tête qui tente
8 décembre, 2008, 9:20
Filed under: Grand Homme, Photo | Mots-clés: , ,
Terry & Barack se serrent la main

Terry & Barack se serrent la main

Je ne pouvais pas ne pas sourire…

Voilà, entre autres,  pourquoi il est extra.

photo de Terry Richardson



Couple n°6: Le nain et sa belle by une tête qui tente
4 décembre, 2008, 3:54
Filed under: femme, homme, Portraits | Mots-clés: , , , , , , ,

L’heure avance, je ne me presse pas. L’apathie dont mon corps s’est imprégné ne veut pas déguerpir. Elle a même atteint mon esprit enrhumé par la feignantise.

J’ai faim.

Trop peu de temps, je file à mon rythme rue du faubourg Saint Antoine porte à gauche du petit café. Je m’attends à un vernissage dans une gallerie et je me retrouve chez quelqu’un.

Au cours de discussions on me parle de ce personnage fantasque. Andreï, russe blanc de par son grand père que tout le monde prénomme « le nain ».

Au détour de petits fours, un homme aux dents de vin rouge vient perturber l’espace vitalement odorant des narines d’une amie. One me reparle du nain qui n’est jamais mentionné sans une certaine accentuation exagérée sur le pronom « LE ».

Il ne parle pas un mot de russe, déception du mélangé de qui on en attends toujours beaucoup trop sur ses origines. Les gens s’agitent dans cette galerie-appartement où le nain les héberge.

Je cherche la sortie après avoir eu mon quota visuel et gargantuesque. Je croise une bande de jeunes collégiens aux cellules grisées par la végétation euphorisante.

Dans le vestibule d’entrée, sur un énorme fauteuil, je découvre le nain. Il a une chevelure d’or tirée vers le haut et a l’air irréel, comme sorti d’un conte. Il y a du monde autour de lui, comme si c’était l’oeuvre la plus réussie de la soirée.  Accroupie à côté de lui je remarque une superbe jeune femme à la peau blanche encadrée d’une chevelure marron. Des vêtements bien choisis allongent sa longue silhouette lorsqu’elle se redresse.

J’apprends plus tard que c’est sa femme, son plus bel atour. Elle aura su trouver son prince charmant.

Photo: KoAn La Scrivana sur flickr.com

Couple n°1

Couple n°2

Couple n°3

Couple n° 4

Couple n°5



Jungle Story by une tête qui tente
27 novembre, 2008, 11:43
Filed under: homme | Mots-clés: , , , , , ,

Aujourd’hui j’ai rencontré un mufle. L’archétype du parfait salaud. Il a 68 ans.

La vieillesse étant un de ces âges qui éveille pour nous, average people, un sentiment de pitié et de douceur entrainée par l’aspect fébrile, je me suis laissée berner.

J’attendais le 27 accompagnée d’une soeur Brontë et il s’accompagnait avec sa canne. L’espace entre moi et la fin du banc me paru infinie quand il me mit sa carte sous le nez en me cachant la page 129. Une partie de moi voulait gueuler que nous n’étions pas encore dans le bus et que normalement le banc c’était pour les amoureux qui se bécotent et que bien que je ne bécotait personne j’étais amoureuse. Mais ma douceur apparente repris le dessus face à cet affront de fragilité sénile et je me levais.

Il tenta une conversation.  » De toute façon vous ne savez pas lire, pourquoi faites vous semblant? » s’en suivit une série de doux mots vulgaires qu’on n’aurait pu imaginer dans un tel petit corps frêle et dont je vous fai grâce. Provocation habituelle chez un homme dont la vieillesse ne permet plus d’attirer l’attention autrement.

« Pardon? »

« Vous m’avez bien entendu ma ptite, zavez pas mon âge, vous zentendez bien vous!!! »

Autant j’aime la répartie autant elle était impossible. J’aurai pourtant aimé une répartie flamboyante pour prouver que j’étais bien lettrée… Mais il enchaîna:

« Mon conjoint est mort ! »

Le bus arrive, je lui tiens la porte et souris humblement. Le vieil homme aigri avait du vécu et moi pas. D’où l’attaque hostile paralytique et le pouvoir qu’il eu sur moi après même m’avoir insulté.

L’histoire en impose aux gens.

Quand on n’en a pas on l’invente.



Prototype by une tête qui tente
24 novembre, 2008, 12:04
Filed under: foule, Monde | Mots-clés: , , , , ,

Cette soirée imprévue m’amène à St Placide où je crois pouvoir rejoindre mes comparses selon les codes et repères du règne animal de notre ville. Je crois voir des bourgeois fous dans un appartement Haussmanien, irrespectueux, drogués dans les recoins, alccols au grand jour. Chics filles escortées par de très sérieux mauvais avortons. Musique forte et ambiance décadente.

Pensée claire, j’ai fais un retour vers le futur dans mon épique collège où ces bourgeois là ne s’assumaient pas et se déguisaient en caillera. La plupart d’entre eux, émancipation encourue, se sont révélés de charmants jeunes lions, connards dans la jungle.

Ce soir là c’était les caillera qui étaient devenues bourgeoises, ou serait ce juste le même phénomène? Ou encore tout simplement la rencontre d’une mixité sociale dans un bel appart du 6ème.

En bas on attends impatiemment notre belle clef d’entrée. On croise 2 types qui essaient également de pénétrer. Ils ont l’air tout droit sortis du dessin animé « Les Lascars ». Le grand, joues creuses, crâne rasé, bras ballants, haut du dos courbé. Les lunettes de vue rectangulaire et brunies renforcent le gris de son visage. L’autre acolyte large et trapu au gel dans la crinière et paré d’un bouc taillé. La peur et l’humour méprisant envahit ma meute.

L’entrée dévoile un long couloir enjolivé par des enluminures plâtrées. Tout le long peint en bleu schtroumpf. L’endroit a l’air d’avoir vécu. Des livres se cachent près des toilettes. Une salle sublime où sont entassés des tas d’objets relégués ici pour être protégés sert de dépôt et de vestiaire. L’anxiété et la crainte de l’inconnu nous pousse à conserver nos biens.

La chaleur de l’accueil ridiculise nos craintes. Tout est meilleur que ce que l’on imaginait tout en restant banal.Que redoutions nous? De faire face à notre débile idée que rien ne pouvait être meilleur que ce que l’on connaissait?

La simplicité c’est l’animosité.

Serais-ce pour ça qu’on complique?

Ma nature humaine m’emmerde.




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